Pilotage des données RH : où en sont les DRH ?
Pilotage des données RH
Où en sont les DRH ? Ce que révèle l’étude Ifop pour Skillup
Publié le 13 octobre 2026 par Matthieu Taulou Miroir, dans Actualité du mois
Introduction
L’Ifop a interrogé en juillet 2026 trois cents directeurs et responsables des ressources humaines pour le compte de Skillup, éditeur de solutions de gestion des talents. L’enquête porte sur des organisations de 200 salariés et plus. Elle examine trois points : comment les DRH collectent leurs données, comment ils s’en servent pour décider, et quelle place l’intelligence artificielle prend dans leur quotidien.
Pour un cabinet de chasse de têtes, ces résultats éclairent ce que nos clients attendent de leurs équipes RH, et donc des profils que nous recherchons pour eux.
Les chiffres clés
Les réponses viennent de 147 directeurs et 153 responsables des ressources humaines, interrogés en ligne du 29 juin au 20 juillet 2026.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| DRH dont les données consolidées nourrissent les décisions sur les talents | 95 % (dont 45 % « systématiquement ») |
| DRH qui s’appuient sur l’IA au quotidien | 96 % |
| Consolident des données sur les compétences | 91 % |
| Consolident des données administratives (effectifs, rémunération) | 79 % |
| Consolident des données d’engagement et de rétention | 67 % |
| Consolident des données de performance | 54 % |
| Part du temps consacrée à la stratégie et à l’innovation RH | 22 % |
Un temps de travail réparti en quatre
Sur une semaine type, les DRH consacrent environ un quart de leur temps à chacune de ces activités : l’opérationnel, l’accompagnement humain et l’administratif avec le reporting (26 % chacun). La stratégie et l’innovation RH arrivent à 22 %.
Les DRH qui n’utilisent aucune solution de gestion des talents y consacrent moins de temps encore : 17 %, contre 23 % pour ceux qui sont équipés d’au moins un outil.
Des données bien collectées, inégalement suivies
Aucun DRH interrogé ne déclare s’abstenir de consolider des données RH. La formation et le développement, les effectifs et la rémunération arrivent en tête. Les données qui touchent à l’engagement, aux départs et au potentiel sont moins souvent suivies.
| Type de données | Part des DRH |
|---|---|
| Formation et développement | 66 % |
| Effectifs | 59 % |
| Rémunération et équité interne | 59 % |
| Évaluation de la performance | 54 % |
| Parcours de carrière et mobilité interne | 53 % |
| Compétences disponibles et à développer | 52 % |
| Engagement et expérience collaborateur | 47 % |
| Rétention et risques de départ | 46 % |
| Identification du potentiel | 31 % |
L’écart est net selon l’équipement. Les DRH qui n’utilisent aucune solution de gestion des talents suivent beaucoup moins les compétences, l’engagement, les départs et le potentiel. En revanche, la formation et les effectifs sont suivis aussi bien par les uns que par les autres.
| Type de données | Au moins une solution | Aucune solution |
|---|---|---|
| Formation et développement | 66 % | 69 % |
| Effectifs | 58 % | 61 % |
| Rémunération et équité interne | 60 % | 51 % |
| Évaluation de la performance | 56 % | 40 % |
| Parcours de carrière et mobilité interne | 55 % | 42 % |
| Compétences disponibles et à développer | 57 % | 26 % |
| Engagement et expérience collaborateur | 52 % | 22 % |
| Rétention et risques de départ | 50 % | 22 % |
| Identification du potentiel | 35 % | 12 % |
Des décisions qui s’appuient sur la donnée
95 % des DRH affirment que les données consolidées nourrissent leurs décisions en matière de formation, de mobilité, de rémunération, de compétences ou d’engagement. Pour 45 % d’entre eux, c’est systématique ; pour 50 %, c’est le cas assez souvent.
La part des décisions systématiquement appuyées sur la donnée tombe à 26 % chez les DRH qui n’ont aucun outil de gestion des talents.
L’IA est déjà dans le quotidien
96 % des DRH s’appuient sur l’IA. Ils l’utilisent surtout pour rédiger et mettre en forme des e-mails, comptes rendus et supports (70 %), puis pour analyser des données RH et repérer des tendances ou des profils clés (57 %). Ils s’en servent moins pour la réflexion stratégique collective (42 %) et pour préparer des échanges individuels comme les entretiens, le feedback ou la mobilité (37 %).
Les usages les plus sensibles restent minoritaires. Pourtant, entre 31 % et 38 % des DRH aimeraient y recourir pour les missions les plus stratégiques et humaines, comme suggérer des formations, repérer les hauts potentiels, détecter les risques psychosociaux ou anticiper les départs.
| Situation | Oui | Non, mais je le souhaiterais | Non, et je ne le souhaite pas |
|---|---|---|---|
| Analyser et synthétiser des comptes rendus d’entretiens | 65 % | 23 % | 12 % |
| Répondre à une question RH d’ordre administratif | 57 % | 25 % | 18 % |
| Créer un référentiel dynamique de compétences | 51 % | 34 % | 15 % |
| Suggérer des formations personnalisées | 44 % | 38 % | 18 % |
| Identifier les hauts potentiels | 43 % | 36 % | 21 % |
| Détecter les risques psychosociaux | 42 % | 32 % | 26 % |
| Proposer une mobilité interne à un collaborateur | 39 % | 31 % | 30 % |
| Anticiper les risques de départ | 36 % | 37 % | 27 % |
La prudence est la plus forte sur la mobilité interne (30 % ne souhaitent pas y recourir), l’anticipation des départs (27 %) et la détection des risques psychosociaux (26 %). Ce sont des sujets où le jugement humain reste central.
Ce que cela change pour les entreprises qui recrutent
- Le DRH devient un pilote de données : savoir lire des indicateurs sur les compétences, l’engagement et les départs devient une qualité attendue, au-delà de l’administratif.
- Peu de temps reste pour la stratégie : à 22 % du temps de travail, la réflexion stratégique reste en retrait. Pour les recrutements critiques, s’appuyer sur un cabinet permet de ne pas surcharger les équipes.
- L’IA prend en charge la rédaction et l’analyse : les profils RH les plus recherchés sauront l’utiliser tout en gardant le jugement humain pour la mobilité, le potentiel et les situations sensibles.
- Le potentiel reste mal outillé : seuls 31 % des DRH consolident des données d’identification du potentiel. C’est un angle où une approche directe, qui évalue la personne et pas seulement le parcours, apporte une vraie valeur.
Ce que cela change pour les candidats
- Un parcours clairement exposé se lit mieux : 65 % des DRH utilisent l’IA pour analyser et synthétiser des comptes rendus d’entretiens. Des réponses claires et structurées facilitent la lecture de votre parcours, par un humain comme par un outil.
- Les compétences comptent autant que les diplômes : 91 % des DRH suivent des données de compétences. Formations suivies, compétences acquises et envies d’évolution méritent d’être mises en avant.
- L’IA fait partie du quotidien des RH : savoir l’utiliser pour préparer un entretien ou un CV est devenu normal. Elle ne remplace ni l’échange ni la motivation.
Le regard de Margay Recrutement
Les données aident à décider, mais la décision finale reste humaine. L’étude le montre : les DRH souhaitent l’appui de l’IA pour mieux identifier les potentiels et anticiper les départs, tout en gardant la main sur les sujets les plus sensibles.
Pour un recrutement, cela veut dire qu’un cahier des charges précis, des compétences clairement définies et une évaluation du potentiel, et pas seulement de l’expérience passée, font la différence. C’est le cœur de notre métier : identifier, approcher et convaincre des profils rares, pour le compte de nos clients.
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Source et limites
Ifop pour Skillup, Enquête sur le pilotage des données RH, juillet 2026. 300 directeurs et responsables des ressources humaines d’entreprises et d’établissements publics de 200 salariés et plus (250 en entreprise ou association, 50 dans la fonction publique), interrogés en ligne du 29 juin au 20 juillet 2026. Échantillon constitué par la méthode des quotas (taille, secteur d’activité, région).
Marge d’erreur de 2,5 à 5,8 points selon les résultats. L’enquête a été commandée par un éditeur de solutions de gestion des talents. Les écarts entre DRH équipés et non équipés sont des corrélations, qui ne prouvent pas qu’un outil change à lui seul les pratiques.
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